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  • Partenaires du n° 3

    Merci aux partenaires du magazine 34160 n°3 Découvrez nos partenaires automne / hiver 2026. Leur soutien contribue à l'impression et à la distribution gratuite des 5 000 exemplaires du 34160 sur les communes de Beaulieu, Boisseron, Buzignargues, Campagne, Castries, Galargues, Garrigues, Montaud, Restinclières, Saint-Bauzille-de-Montmel, Saint-Drézéry, Saint-Geniès-des-Mourgues, Saint-Hilaire-de-Beauvoir, Saint-Jean-de-Cornies, Saussines, Sussargues, et sur quelques points au-delà du 34160. Liste des partenaires automne/hiver 2026 (par ordre alphabétique) A.D.E.S.L. monnaie locale héraultaise La Graine www.lagraine34.org ART'34 Aménagement de votre habitat www.art34.co AU JARDIN DES SABLETTES Fruits et légumes frais - Produits locaux 06 45 27 91 67 A6'THERMIQUE Plomberie - Chauffage - Climatisation - Électricité 06 09 27 16 66 CHORALE LES GARRIGUES www.choralelesgarrigues.fr COM'TEL Coaching - Formation - Communication www.com-tel.fr ENERCOOP Un modèle unique de fourniture d’électricité Le circuit court de l’énergie, de la production à la consommation www.enercoop.fr/nos-cooperatives/languedoc-roussillon FRANCE NETTOYAGE Expert en propreté et hygiène - Professionnels et Particuliers www.frnettoyage.com GIRLY TAXI Taxi sur réservation - Transport conventionné - Transfert gare et aéroport girlytaxi.com G.T.S. ELEC Électricité - Climatisation/Chauffage - Automatisation de portail www.gtselec.fr L'EFFET BOIS Ingrid Meignan - Ébéniste, menuisière Mobilier unique - Agencement sur mesure www.leffet-bois.fr LA FERME DE JUSTINE Poules pondeuses et d'ornement - Chèvres miniatures - Ferme itinérante (retrait et commande uniquement sur rendez-vous) 04 48 47 10 20 LES DÉLICES DE LA MAISON D'ANNA Vente à emporter - Traiteur - Événements Cuisine méditerranéenne - Plats traditionnels faits maison : paëlla, fideuà, zarzuela, couscous - Spécialités familiales. 06 21 03 92 65 QG DES GOURMETS Épicerie fine - Caviste - Créations artisanales art de la table 06 82 02 00 35 R.E.V.E. Un Jardin impeccable toute l'année, sans effort ! 06 86 52 21 81 SELLERIE SAINTE COLOMBE Atelier Sellier-Garnisseur selleriesaintecolombe.com SOLZEN Résine & revêtements minéraux Moquette de pierre - Résine métallique - Sols décoratifs solzen.fr VIRGINIE LIOT RéKinésiologue www.liot-virginie-kinesiologie.fr WAH Derrière chaque projet immobilier, un humain. Mandataire : Christophe Mery-Bordes 06 20 86 31 23 Villages de Saint-Geniès-des-Mourgues, Montaud, Saint-Bauzilles-de-Montmel, Saint-Drézéry, Saint-Jean-de-Cornies, Sussargues. 👉 Pour soutenir l'édition du numéro 4, demandez-nous la convention de partenariat. Contactez Sylvie au 06 13 55 98 79, ou par contact mail.

  • Marie Havard : des histoires de vie entre voyages et émotions

    Restinclières – Marie Havard Marie Havard, auteure indépendante, écrit des nouvelles et des romans d’évasion, avec comme terrain de jeu les différents paysages du monde. Des textes aux intrigues originales et à la plume d’une grande sensibilité, où les lieux prennent parfois autant de place que les personnages. Une passion pour l’écriture depuis l’enfance Marie Havard écrit depuis l’école primaire. Encouragée par un ami de la famille, lui-même poète, elle s’essaie très tôt à la poésie et aux nouvelles. Après des études de lettres, elle poursuit son chemin dans l’écriture et termine son premier roman. En 2010, elle choisit de publier Les Voyageurs Parfaits en autoédition, après avoir partagé des extraits sur Internet. « Si on garde son livre dans le tiroir, on ne sait pas vraiment ce qu’il vaut. » Une première expérience qui lui permet de confronter son écriture au regard des lecteurs et confirme son envie de devenir auteure indépendante. Des histoires de vie nourries par les voyages Marie Havard écrit principalement des romans psychologiques et des histoires de vie. Elle aime explorer la façon dont un environnement peut façonner ou transformer un personnage et n’hésite pas à aborder des thèmes comme l’adoption, le deuil ou la perte d’un enfant. « Les épreuves font partie de la vie et pour moi, il ne faut pas les occulter. » Les paysages occupent eux aussi une place essentielle dans ses histoires. « Les paysages et les lieux sont presque des personnages à part entière, avec leur importance, une âme. » Les voyages constituent ainsi un véritable vivier pour son imagination, en lui offrant de nouvelles cultures, de nouveaux personnages et autant d’aventures possibles. L’Écosse, pays cher à son cœur, tient notamment une place particulière dans son univers. Du roman aux histoires pour enfants Marie Havard écrit également des nouvelles et s’est aventurée dans la littérature jeunesse avec Hector le Tyrannosaure, imaginé à l’origine pour son neveu passionné de dinosaures. Le livre, destiné aux enfants de 2 à 6 ans, est 100 % local : imprimé dans le Gard et illustré dans l’Hérault. Elle aimerait poursuivre cette expérience et envisage, si son emploi du temps le permet, d’écrire pour les jeunes lecteurs de 10 à 12 ans. L’Or de nos lendemains, un roman plus lumineux Publié en 2025, L’Or de nos lendemains permet de retrouver Anne, l’héroïne de Les Larmes du Lac, dans une histoire plus lumineuse, où elle construit une famille tout en découvrant une partie de ses racines écossaises. « J’ai voulu ce livre comme un feel good, avec une héroïne malheureuse qui trouve le chemin du bonheur. » Le roman aborde notamment le désir d’enfant, l’adoption, la résilience et l’amour. Il fait partie de la série des quatre romans « Les Sentiers du destin ». Des projets et des rencontres Marie Havard travaille actuellement sur plusieurs projets, dont un roman consacré aux violences faites aux enfants, qu’elle espère terminer pour 2027, ainsi qu’un deuxième recueil de nouvelles. Les rencontres avec les lecteurs constituent également une part importante de son activité d’auteure. Salons et dédicaces lui permettent d’échanger autour des voyages, de la littérature et de nombreux autres sujets. « Le contact humain est très enrichissant, j’en reviens toujours reboostée. » Certains témoignages la touchent particulièrement, comme celui de cette lectrice venue de plusieurs kilomètres après avoir découvert ses livres grâce à sa bibliothécaire, ou d’une autre ayant acheté plusieurs exemplaires pour les offrir à ses proches. BIBLIOGRAPHIE 2025 - L’Or de nos lendemains Roman qui fait partie de la série « Les Sentiers du destin ». Une lecture sur le désir d’enfant et la quête de famille : résilience, amour… Un roman qui fait du bien ! 2024 - Hector le Tyrannosaure Livre illustré pour les enfants de 2 à 6 ans. 100 % local : imprimé dans le Gard et illustré dans l’Hérault. Une idée cadeau pour les enfants qui aiment les dinosaures ! 2020 - Itinéraires Inattendus Recueil de nouvelles. Comment la nature a-t-elle façonné l’homme ? Explorer le monde éveille notre curiosité et nous enrichit… 2018 - Les Larmes du Lac Roman qui fait partie de la série « Les Sentiers du destin ». Anne saura-t-elle se retrouver après ce voyage en Écosse ? 2010 - Les Voyageurs Parfaits Roman. Livre de la liberté et des possibles, ce roman est aussi celui des rencontres fortuites et des moments simples de la vie. RENCONTRES ET OUVRAGES Suivez l’actualité de Marie Havard sur ses réseaux sociaux et retrouvez ses ouvrages sur son site Internet. mariehavard.com Instagram – @marie.havard Facebook – Marie Havard Auteur Retrouvez également l'auteur dans le n°3 de 34160 villes & villages.

  • Le Charroi des Olives : dans les pas des anciens oléiculteurs

    Le samedi 14 novembre 2026, avant même que le jour ne se lève, une douzaine d'attelages et une centaine de marcheurs quitteront Saint-Geniès-des-Mourgues pour rejoindre le moulin de La Brillante, à Saint-Just. Une randonnée nocturne de 12 kilomètres, mais surtout une histoire de transmission, d'entraide et de convivialité. Rencontre avec Pierre Bousquet, président de l'association Le Charroi des Olives, et Jean-Christophe Bouscaren, vice-président. Pourquoi un Charroi des Olives ? Pour comprendre le Charroi, il faut revenir à une époque où les oléiculteurs transportaient leurs olives jusqu'au moulin de nuit, afin de ne pas perdre une journée de travail. Ils partaient ensemble. L'entraide était indispensable, notamment lorsque les charrettes lourdement chargées rencontraient une montée difficile : plusieurs chevaux pouvaient alors être attelés pour franchir l'obstacle. Le Charroi des Olives est né de cette volonté de rendre hommage à ces hommes et à leur façon de s'organiser collectivement. Mais l'histoire de la manifestation commence aussi par une histoire de passionnés. « Si vous ne voulez pas le faire, je le ferai tout seul ! » En 2007, quelques passionnés de chevaux et d'attelage organisent une journée à l'ancienne à Saint-Geniès-des-Mourgues. 23 attelages sont réunis. Au cours des discussions, l'idée vient de faire quelque chose de plus : pourquoi ne pas reprendre le chemin des anciens et conduire les olives jusqu'au moulin ? L'idée séduit… jusqu'à ce qu'on rappelle au groupe un détail essentiel : les anciens faisaient le trajet de nuit. Tout le monde recule de deux pas. Puis l'un des participants lance : « Si vous ne voulez pas le faire, je le ferai tout seul. » La réponse ne tarde pas : « Bon, on vient avec toi ! » Le premier Charroi des Olives voit ainsi le jour. L'association, elle, sera créée dix ans plus tard, en 2017, notamment pour pouvoir encadrer l'organisation et disposer d'une couverture d'assurance adaptée. Une tradition qui se transmet Aujourd'hui, le Charroi rassemble une cinquantaine d'adhérents, mais surtout une communauté de participants qui se retrouve d'une édition à l'autre. Pierre Bousquet explique : « Ce que nous souhaitons avant tout, c'est retrouver ces moments de convivialité et de partage que vivaient nos anciens. » Car le Charroi n'est pas une compétition. On marche dans le pas des chevaux, on prend le temps de discuter, de faire une pause, de partager un café autour du feu et de déjeuner ensemble. Les marcheurs qui ressentent un peu de fatigue peuvent également, lorsque c'est possible, prendre place dans une calèche pour se reposer avant de reprendre la marche. Les places sont tournantes : chacun peut ainsi participer à son rythme. 2026 : un nouveau chemin vers le moulin Pour sa 18e édition, le Charroi change de destination. Jusqu'à présent, les attelages rejoignaient le moulin de Villevieille. Cette année, ils prendront la direction de Saint-Just, jusqu'au moulin La Brillante. Ce changement d'itinéraire est lié à une contrainte très concrète : le moulin imposait auparavant une date située au début du mois de décembre. Or, à cette période, de nombreux attelages sont mobilisés pour les marchés de Noël. L'association a donc choisi d'avancer le Charroi au mois de novembre et de partir à la découverte d'un nouveau parcours. Une nouvelle aventure, également rendue possible par l'accueil des communes traversées et des personnes qui se mobilisent autour du projet. Une randonnée au clair de lune Le rendez-vous est fixé à 3 h 30, à la cave coopérative Les Coteaux de Montpellier, à Saint-Geniès-des-Mourgues. Un café de bienvenue permettra aux participants de se retrouver avant le départ. À 4 heures précises, le clocher donnera le signal. Une douzaine d'attelages de chevaux et de charrettes s'élanceront alors avec environ une centaine de marcheurs pour 12 kilomètres de randonnée nocturne, soit environ deux heures et demie de marche. Le parcours passera notamment par Lunel-Viel, où une halte autour d'un feu permettra de faire une pause et de partager un café. Le feu est préparé à l'avance pour accueillir les attelages dans les meilleures conditions. Puis le cortège poursuivra sa route jusqu'au moulin La Brillante. Cette année, Sandrine et son époux accueilleront le Charroi pour la première fois au moulin La Brillante. Une animation autour du moulin est prévue, avec notamment la possibilité de découvrir le pressage des olives. À quelques mètres de là, la commune de Saint-Nazaire-de-Pézan mettra sa salle municipale à disposition pour le déjeuner. Au menu : un repas convivial et copieux, avec notamment soupes, charcuteries, fougasses salées et sucrées, fromage, café et quelques bons vins régionaux (à consommer avec modération). Une organisation collective Le Charroi ne repose pas uniquement sur les membres de l'association. Pierre et Jean-Christophe insistent sur l'importance du soutien des associations locales et des communes. Le Club Taurin de Saint-Geniès-des-Mourgues est notamment très impliqué dans l'organisation. « C'est l'équipe », explique Jean-Christophe lorsqu'il évoque leur soutien. À Saint-Geniès, le comité d'animation Li Générous participera également à la clôture de la journée, avec un apéritif offert aux participants à leur retour à la cave coopérative. Cette dimension collective est finalement très fidèle à l'esprit originel du Charroi : chacun apporte sa contribution pour que le groupe puisse avancer. Et les olives dans tout ça ? Le Charroi est aujourd'hui avant tout porté par des passionnés d'attelage. Il n'est pas constitué d'un groupe de producteurs professionnels d'olives. Certains participants possèdent toutefois quelques oliviers et produisent leur propre huile. Le transport de sacs d'olives fait partie du symbole de la manifestation : il rappelle ce que faisaient les anciens lorsqu'ils se rendaient au moulin. La manifestation du Charroi des Olives est donc davantage symbolique et patrimoniale que productif. Le Charroi ne cherche pas à reproduire une fête « à l'ancienne » au sens folklorique du terme. Les organisateurs souhaitent retrouver l'esprit paysan des anciens charrois. Les participants sont donc invités à s'habiller chaudement, dans des couleurs plutôt sombres et avec une tenue inspirée des vêtements de travail d'autrefois. Une règle est particulièrement claire : pas de vêtements fluorescents. L'objectif est de préserver l'atmosphère de la randonnée nocturne, avec les chevaux, les charrettes, les lumières et le silence de la nuit. Un moment de convivialité… et de solidarité Le Charroi se termine à Saint-Geniès-des-Mourgues après le déjeuner et le retour en bus à la cave coopérative où il y aura le verre de l'amitié. Et comme chaque année, 2 € par inscription seront reversés au Téléthon. Une manière, là encore, de prolonger l'esprit de solidarité qui est au cœur du Charroi depuis son origine. Le Charroi des Olives, c'est aussi une histoire de souvenirs Quand on demande à Pierre et Jean-Christophe ce qui leur reste de toutes ces éditions, les souvenirs ne manquent pas. Il y a eu des départs dans la neige. Et puis, un jour, il y a eu… le président qui n'était pas au rendez-vous ! Pierre raconte qu'il passe habituellement les nuits précédant le Charroi à peine à dormir, trop préoccupé par l'organisation. Mais une année, à force de fatigue, il s'est finalement endormi au moment où il aurait dû être debout. À 4 heures, personne ne le voit arriver. « Ce n'est pas normal, il n'y a pas Pierre ! » Sa fille finira par venir le réveiller : les membres de l'équipe l'attendent dans le hall. Une autre année, il avait même programmé une machine à café pour que tout soit prêt au petit matin… en oubliant de l'allumer ! Des souvenirs qui font sourire aujourd'hui, mais qui racontent surtout la passion et l'implication de ceux qui font vivre le Charroi année après année. Vous attelez ? Vous marchez ? C'est finalement la question que Pierre adresse à tous ceux qui hésitent encore. « Venez partager un bon moment de contact humain, comme autrefois. » Le 14 novembre, il faudra simplement accepter de se lever tôt. Puis se laisser guider par les chevaux, le clocher, le feu, les rencontres et le chemin… Dans les pas des anciens. SAMEDI 14 NOVEMBRE Programme du 18e Charroi des Olives 3 h 30 Retrait des tickets et café de bienvenue à la cave coopérative. 4 h Départ pour 12 km de randonnée nocturne dans le pas des chevaux. 5 h 30 Halte aux arènes de Lunel Viel avec café autour d’un feu (toilettes). ≈ 7 h Arrivée au moulin de La Brillante. café,dégustation/recettes d’huile d’olives. ≈ 8 h Petit-déjeuner à Saint-Nazaire-de-Pézan. Retour en bus pour les marcheurs pendant que les attelages rentreront « tranquilou » à la cave de Saint-Geniès-des-Mourgues. 12 h Verre de l’amitié - Don au Téléthon. Inscription obligatoire 30 €/Pers. jusqu’au 10/11 comprenant : 2 cafés, 1 ticket de tombola, 2 € reversés au Téléthon, déjeuner de 8 havec 2 soupes, charcuterie, fougasses salée et sucrée, fromage, café, vin (ISI TRAITEUR Mudaison), retour des marcheurs en bus, 1 verre de l’amitié à midi. INFOS mail : bousquet.i@wanadoo.fr ou tél. et sms à Pierre : 06 14 41 75 40 et Guylène : 06 61 70 29 00.

  • Festival Oser Réussir : une journée pour oser, essayer et recommencer

    Le Festival Oser Réussir revient à Castries le samedi 21 novembre 2026 pour sa troisième édition. Porté par l’association Paradox’Art, l’événement imaginé par Isabelle Henry invite petits et grands à vivre une journée autour de l’audace, de la créativité, du partage et du plaisir d’essayer. La Castriote Isabelle Henry a imaginé le festival Oser Réussir porté par Paradox'Art. De l’audace professionnelle à un festival familial Depuis plus de vingt ans, Isabelle Henry observe et accompagne l’audace dans les parcours professionnels et personnels. Elle en a également fait l’expérience à plusieurs reprises, avec ses réussites comme avec ses expériences qui l’ont moins été ! Plutôt que de créer un événement professionnel sous la forme d’un colloque ou d’un séminaire, elle a souhaité faire de l’audace un événement familial, vivant et accessible à tous. Le choix de Castries n’est d’ailleurs pas anodin. C’est la ville où Isabelle est arrivée avec ses parents lorsqu’ils ont décidé de tout quitter pour commencer une nouvelle vie. Une décision qui demandait, là encore, « de l’audace et du courage » et qui a profondément influencé son propre parcours. C’est ainsi qu’est né le Festival Oser Réussir, en 2024. Car derrière l’audace, il y a bien sûr le fait d’oser. Mais aussi le droit à l’erreur, la persévérance, l’apprentissage, le plaisir d’essayer et la possibilité de recommencer. Autant de notions qui font partie de la vie et que le festival propose d’explorer autrement, à travers le spectacle vivant, les jeux, les défis, les rencontres et les expériences à vivre ensemble. Une troisième édition encore plus participative Pour cette nouvelle édition, Paradox’Art souhaite aller encore plus loin dans la participation du public et la rencontre entre les générations. La journée débutera avec le Parcours de l’audace, composé de jeux, de défis et de moments de réflexion accessibles à tous. Les personnes qui souhaitent se préparer à monter sur scène pourront également bénéficier d’un coaching facultatif pour travailler leur prise de parole, leur texte, une lecture, une chanson ou un sketch. « 5 minutes d’audace » : à chacun sa scène L’après-midi, la scène ouverte « 5 minutes d’audace » donnera la possibilité aux habitants, aux artistes amateurs ou confirmés, et à tous ceux qui souhaitent tenter l’expérience, de présenter quelque chose devant le public. Un talent, une histoire, une chanson, un texte… ou tout simplement quelque chose que l’on n’avait encore jamais osé faire devant les autres. L’objectif n’est pas de rechercher la performance, mais bien de faire un pas de côté, essayer et se lancer. Des rendez-vous pour toutes les générations La programmation mêlera spectacle vivant, chanson, théâtre, prise de parole, création, jeux et participation du public. Pendant le spectacle jeunesse, un atelier vision board réservé aux adultes sera proposé en parallèle. L’occasion de mettre en images ses envies, ses projets et les prochaines étapes que l’on aimerait oser franchir. Puis la journée se poursuivra avec le Grand Défi des Familles Audacieuses, grande nouveauté de cette troisième édition. Ce jeu collectif et joyeux réunira les générations autour de musique, de questions, de défis et d’épreuves à vivre en équipe. La soirée sera également ponctuée de moments musicaux et d’interventions chantées avec Marie Henry et Vanina. Les principaux rendez-vous Le Parcours de l’audace Le coaching facultatif pour préparer la scène ouverte Le spectacle jeunesse, avec en parallèle le vision board réservé aux adultes La scène ouverte « 5 minutes d’audace » Le Grand Défi des Familles Audacieuses Les moments musicaux de la soirée Une journée à vivre ensemble Le Festival Oser Réussir s’adresse à tous, de 7 à 107 ans : enfants, adolescents, parents, grands-parents, familles, personnes seules, artistes ou simples curieux. Isabelle Henry souhaite avant tout que les habitants du 34160 puissent y vivre une vraie journée de partage : rire, jouer, créer, applaudir, rencontrer leurs voisins et, pourquoi pas, oser quelque chose qu’ils n’auraient jamais tenté ailleurs. Car l’audace n’est pas forcément spectaculaire. Prendre la parole, monter sur scène, chanter, participer à un jeu, exprimer une envie ou accepter de ne pas réussir du premier coup sont déjà autant de petites formes d’audace. Les deux premières éditions ont d’ailleurs confirmé, pour Isabelle, que l’audace crée rapidement du lien. Des personnes qui ne se connaissaient pas ont partagé des émotions, participé à des ateliers, découvert des artistes et parfois dépassé une petite peur. Ce qu’elle retient surtout ? Les sourires et la fierté de celles et ceux qui ont osé faire un pas. C’est aussi ce qui donne envie à Paradox’Art de poursuivre l’aventure : montrer que l’audace peut se vivre simplement, joyeusement et en famille, et qu’une journée peut parfois provoquer de petits déclics qui continuent leur chemin bien après le festival. Festival Oser Réussir – 3e édition Samedi 21 novembre 2026, de 10 h à 22 h Foyer Hippolyte Paulet – Castries Un festival pour oser, essayer, se tromper, recommencer… et surtout partager.

  • Jean-Pierre Braye, la mémoire vivante de la garrigue

    "Je portais la musette de mon grand-père. Il y avait des truffes, il n'y avait qu'à se baisser pour les ramasser." Quand Jean-Pierre Braye raconte son enfance, c'est tout un paysage qui réapparaît. Le Beaulieu des années 1950 n'a plus grand-chose à voir avec celui d'aujourd'hui. Entre la cave coopérative et les garrigues, il n'y avait alors que des champs, des troupeaux, des chênes et des truffières naturelles. Les bergers entretenaient les bois, les moutons débroussaillaient les sols et fertilisaient les terres. La truffe faisait partie du quotidien. Jean-Pierre Braye et son chien truffier Astra. Une passion née dans l'enfance Très jeune, Jean-Pierre accompagne son grand-père à la recherche des truffes. Plus tard, un ami gardois lui confie un chien truffier qui a cavé pour lui « Il m'a amené sur toutes les truffières que j'avais repéré. » Cette passion ne le quittera plus. Pendant des décennies, la truffe accompagne la vie familiale. Elle complète les revenus du foyer, participe à la construction de la maison et devient un lien permanent avec la nature. Au cours de la rencontre, Jean-Pierre se définit d'une phrase : « Je suis un terrien. » Tout est là. Observer les plantes. Comprendre les saisons. Lire les signes de la nature. Sentir les changements du climat. Chercher les courants d'eau sous la roche. Peindre les paysages que l'on aime. Jean-Pierre ne sépare jamais ces choses. La truffe n'est qu'une porte d'entrée vers quelque chose de plus vaste : une relation intime au vivant. Le truffeur, le trufficulteur… et le sourcier Jean-Pierre aime préciser : « Trufficulteur, c'est celui qui cultive. Truffeur, c'est celui qui la trouve. » Une nuance qui dit beaucoup. Car Jean-Pierre est d'abord un homme de terrain. Lorsque les truffières naturelles diminuent, il plante ses propres chênes. Il préside le Syndicat des producteurs de truffes de l'Hérault, échange avec les chercheurs de l'INRA, visite des plantations en Dordogne et en Italie et suit de près les recherches sur la naissance de la truffe. Mais il est aussi sourcier. Grâce à la baguette, il repère les courants d'eau souterrains et aide plusieurs habitants avant des forages. Il en parle simplement, sans chercher à convaincre. Comme une autre manière de lire le territoire. Un témoin du changement climatique Jean-Pierre affirme observer les effets du climat depuis plus de vingt ans. Les orages d'été sont plus rares. Le thym fleurit plus tôt. Les récoltes diminuent. Pour lui, la canicule de 2003 marque un tournant. Les plantes deviennent alors de véritables indicateurs, la nature devient son calendrier : le thym, les immortelles, l'aphylanthe de Montpellier, la vigne. Les murets en pierre sèche font le paysage avec les truffières. Yolande et les pierres Impossible de parler de Jean-Pierre sans parler de Yolande. Lorsqu'une nouvelle plantation est aménagée, les pierres extraites du sol s'accumulent. Au départ, elles lui semblent disgracieuses. Puis elle décide de construire des murets. Pierre après pierre. Mètre après mètre. Aujourd'hui, plus d'un kilomètre de murs en pierre sèche dessine le paysage de la truffière. « C'est une forme de méditation gratuite », sourit-elle. Ces murets racontent eux aussi une histoire : celle d'un couple qui façonne son territoire depuis cinquante ans. Le peintre de la garrigue Jean-Pierre est également aquarelliste. Ses paysages ont été exposés à Beaulieu, Castries, Montpellier ou Bordeaux. Ce qu'il peint est toujours lié à ce qu'il observe : les chênes, les chemins, les pierres, la lumière, la garrigue. Comme si une vie entière passée dans la nature devait aussi se prolonger sur le papier. Une aquarelle de Jean-Pierre Braye. Une mémoire à transmettre À travers la truffe, Jean-Pierre et Yolande racontent bien davantage. Ils racontent un territoire. Des paysages qui évoluent. Des savoir-faire qui se perdent parfois. Et d'autres qui renaissent. Leur histoire est celle d'une relation profonde avec la terre. Une manière d'habiter un lieu, de le comprendre et de le transmettre. Yolande et Jean-Pierre Braye dans leur truffière avec leur chien Astra. Les dates clés de Jean-Pierre Braye Années 1950 Enfant, il accompagne son grand-père dans les garrigues de Beaulieu à la recherche des truffes. À cette époque, les truffières naturelles couvrent encore une grande partie du territoire. 1974 Mariage avec Yolande. Le couple partage rapidement la même passion pour la truffe et les sorties en garrigue. Vers 1975 Hérite d'un premier chien truffier offert par son ami Gardois. Le chien lui a facilité le cavage de nombreuses truffières naturelles. Années 1980 à 1990 Devient président du Syndicat des producteurs de truffes de l'Hérault. Multiplie les échanges techniques avec les trufficulteurs du Périgord et d'Italie. Débute la plantation de ses propres chênes truffiers. Vers 1995 Premières récoltes dans ses plantations expérimentales, démontrant le potentiel de la trufficulture cultivée en plaine méditerranéenne. Fin des années 1990 – début des années 2000 Participe, avec les chercheurs de l'INRA et plusieurs spécialistes français et italiens, aux travaux sur la biologie de la truffe et notamment sur l'observation des premiers stades de développement ("bébé truffe"). 2003 La canicule marque selon lui un tournant majeur dans l'évolution de la production truffière locale. Depuis les années 2010 Continue à développer sa truffière, tout en observant les effets du changement climatique sur les sols et la végétation. Depuis 2018 Avec Yolande, entreprend la restauration du paysage de leur truffière par la création de plus d'un kilomètre de murets en pierre sèche. Aujourd'hui Continue les recherches avec de nouvelles plantations, peint la garrigue à l'aquarelle et transmet son expérience lors de sorties nature et de rencontres avec les passionnés. Truffe sauvage, truffière naturelle ou truffière cultivée : quelles différences ? La truffe noire (Tuber melanosporum) pousse toujours en association avec les racines de certains arbres, principalement les chênes. En revanche, le milieu dans lequel elle se développe peut être très différent. La truffe sauvage On parle souvent de « truffe sauvage » pour désigner une truffe qui pousse spontanément, sans intervention humaine. Elle est simplement découverte grâce au flair d'un chien (ou autrefois d'un cochon), au hasard des garrigues ou des bois. La truffière naturelle Une truffière naturelle est un milieu où les conditions écologiques permettent aux truffes de se développer naturellement depuis parfois plusieurs générations. À Beaulieu, ces espaces étaient autrefois nombreux : les troupeaux entretenaient les bois, limitaient l'embroussaillement et fertilisaient les sols, créant un environnement particulièrement favorable à la truffe. L'urbanisation, l'abandon du pastoralisme et les changements climatiques ont profondément modifié cet équilibre. La truffière cultivée La truffière cultivée est créée par l'homme. Des chênes mycorhizés (ou aujourd'hui parfois issus d'autres techniques d'inoculation) sont plantés sur un terrain adapté. Il faut ensuite plusieurs années de patience — souvent huit à dix ans — avant d'espérer les premières récoltes. L'entretien du sol, la maîtrise de l'eau et les connaissances acquises grâce à la recherche sont devenus essentiels pour accompagner la production. Une passion qui reste la même Qu'elle soit issue d'une truffière naturelle ou cultivée, la recherche de la truffe repose toujours sur le même compagnon indispensable : le chien truffier. C'est lui qui détecte, grâce à son odorat, les truffes mûres enfouies sous quelques centimètres de terre. Chez Jean-Pierre Braye, cette complicité se poursuit aujourd'hui avec Astra, fidèle chienne truffière, héritière d'une longue lignée de chiens qui l'ont accompagné toute sa vie. Le saviez-vous ? Les mots de la truffe Cavage C’est le nom donné à la recherche et à la récolte des truffes. Le caveur extrait délicatement la truffe du sol, généralement à l’aide d’un chien truffier qui l’a repérée. Brûlé C’est la zone de terre, souvent plus ou moins circulaire, où la végétation est clairsemée autour d’un arbre truffier. Cette zone est liée à l’activité du mycélium et des racines mycorhizées de la truffe. Mycorhize C’est l’association entre les racines d’un arbre et un champignon. Dans une truffière, le champignon s’associe aux jeunes racines de l’arbre et les deux partenaires échangent des ressources : c’est une relation essentielle au développement de la truffe. Spores Ce sont les éléments reproducteurs des champignons. Chez la truffe, elles se trouvent à l’intérieur de la truffe et permettent, lorsqu’elles sont dispersées et que les conditions sont favorables, la reproduction du champignon. Chien truffier C’est un chien spécialement dressé pour rechercher les truffes mûres grâce à son odorat. Lorsqu’il détecte une truffe sous terre, il s’arrête généralement au-dessus de son emplacement, permettant au caveur de procéder à la récolte. Toutes les races peuvent être dressées pour cette recherche.

  • L'apiculteur Jean-Pierre Almes : une vie avec les abeilles

    Saint-Drézéry À 14 ans, son père lui a offert deux ruches en guise de rémunération après une semaine de travail pendant les vacances de Pâques. Jean-Pierre Almes aurait peut-être préféré recevoir de l’argent pour s’acheter autre chose… Mais ces deux ruches sont restées dans sa tête. Depuis, les abeilles ne l’ont plus vraiment quitté. Installé à Saint-Drézéry depuis une trentaine d’années, Jean-Pierre Almes est ce qu’il appelle lui-même un « gros amateur » : il n’a jamais fait de l’apiculture son métier principal. Pendant quarante ans, il a travaillé à l’aéroport de Montpellier, tout en développant une activité apicole qui l’a conduite jusqu’à environ 200 ruches et une dizaine de ruchers. Une passion devenue au fil du temps un véritable savoir-faire, mais aussi une manière de rester au contact de ceux qui travaillent la terre. Jean-Pierre Almes au marché du Terroir au Caveau Cellier du Val des Pins à Sussargues (avril 2026) Deux ruches pour commencer Jean-Pierre a découvert les abeilles très jeune. Son père était apiculteur à Saint-Jean-du-Bruel, dans l’Aveyron, aux portes des Cévennes. Il produisait principalement du miel de châtaignier et du miel de thym. « Je devais avoir cinq ans quand mon père m’a emmené pour la première fois aux abeilles. » Pendant les vacances, Jean-Pierre participe aux travaux : préparation des cadres, pose de la cire, entretien des ruches… Puis vient cette semaine de Pâques, lorsqu’il a 14 ans. Son père lui propose alors un drôle de marché : « Je ne te paie pas, mais je te donnerai deux ruches. » Ces deux ruches resteront symboliquement les siennes, même lorsque le nombre de colonies augmentera considérablement. Après des études d’électricité à Paris pour devenir électricien dans l’aéronautique, Jean-Pierre revient dans la région et travaille dans différents secteurs avant d'entrer à l'aéroport de Montpellier. Mais l’envie d’avoir ses propres ruches ne l’a jamais quitté. Il reprend les deux ruches données par son père, puis suit une formation de six mois en apiculture dans les Hautes-Alpes. Son père lui donne ensuite 24 ruches supplémentaires. L’aventure prend une autre dimension. « Tout l’argent que je gagnais, je le réinvestissais dans les abeilles. Il y a même certainement des années où j’ai investi plus que ce que j’avais gagné ! C’est ça, la passion. » Une aventure familiale Derrière cette histoire, il y a aussi une personne que Jean-Pierre tient à mettre en lumière : son épouse Patricia. Lorsqu’il évoque toutes ces années passées auprès des ruches, il résume simplement : « Sans mon épouse, je n’en serais jamais arrivé là ! » Patricia l’a accompagné aux ruches et dans les différentes étapes de cette activité qui a grandi au fil des années. Ensemble, ils ont élevé quatre enfants, tout en faisant vivre cette passion qui occupait une place importante dans la famille. Une aventure à deux, donc, même si c’est Jean-Pierre que l’on retrouve aujourd’hui derrière les ruches et les pots de miel. Les pots de miel portent les initiales de Jen-Pierre et Patricia Almes, couple d'apiculteurs. Du 34160 aux Cévennes, en passant par le Larzac Très tôt, Jean-Pierre comprend qu’on ne peut pas toujours laisser les ruches au même endroit. Ses premières ruches sont installées à Pignan, mais les ressources mellifères y sont insuffisantes pour espérer produire régulièrement. Il commence alors à transhumer, comme son père avant lui. Le principe est simple : déplacer les colonies vers les territoires où les floraisons correspondent à leurs besoins. Aujourd’hui encore, ses abeilles voyagent. Le Larzac pour le thym. Les Cévennes pour le châtaignier. La Provence, le Gard ou l’Ardèche pour la lavande. Mais le territoire 34160 joue lui aussi un rôle important dans ce cycle. Jean-Pierre considère notamment le secteur comme un très bon territoire d’hivernage. Le climat et la végétation permettent aux colonies de redémarrer rapidement au printemps, avec notamment le romarin et de nombreuses plantes mellifères. Certaines années, les abeilles trouvent même encore suffisamment de ressources pendant l’hiver. À Montaud, il a ainsi observé une année une ruche prendre une dizaine de kilos au mois de décembre grâce à une floraison de fausse roquette, lorsque les champs se couvrent de petites fleurs blanches. Le territoire n’est donc pas seulement un lieu de passage : il peut être une véritable base pour les colonies. Les abeilles ne connaissent pas les limites communales Jean-Pierre possède ou a possédé des ruches dans plusieurs communes du territoire. Certaines sont installées auprès d’agriculteurs, notamment pour participer à la pollinisation. À Montaud, ses ruches ont notamment accompagné un agriculteur produisant des semences. Il intervient également sur des vergers pour la pollinisation. Ces collaborations lui plaisent particulièrement. Lorsqu’il parle de son activité, Jean-Pierre revient souvent à cette idée : ses abeilles lui permettent de rencontrer ceux qui travaillent la terre. « Ce que j’aime dans l’apiculture, c’est de pouvoir parler avec des bergers, des agriculteurs, des viticulteurs… Faire partie des gens qui travaillent avec la terre. » Avec eux, la pluie n’est pas seulement une quantité de millimètres relevée dans un pluviomètre. Elle signifie une floraison, une récolte, une saison qui démarre ou qui s’arrête. La transhumance, une petite aventure Déplacer plusieurs dizaines de ruches n’est pas une opération anodine. Toujours à la recherche de solutions pratiques, Jean-Pierre Almes a fabriqué des potences de 4 mètres de haut avec un point d’attelage permettant de déplacer seul jusqu’à 25 ruches lors des transhumances. Jean-Pierre charge généralement ses ruches le soir, lorsque les abeilles sont rentrées. Elles sont ensuite transportées vers leur nouvel emplacement et déchargées le matin. Il aime toujours ce moment. « Même lorsque je pars seul, une fois dans le camion, je suis heureux. C’est une petite aventure. » Il se souvient pourtant de ses débuts, lorsqu’il apprenait encore. Une transhumance sur le Larzac, avec une quarantaine de ruches, un vieux camion et plusieurs kilomètres de chemin caillouteux. Les ruches avaient été transportées ouvertes. Avec les secousses et la chaleur, les abeilles étaient sorties et recouvraient les ruches. Il fallait ensuite les porter une à une sur une trentaine de mètres jusqu'à leur emplacement. « Plus jamais ! » Aujourd’hui, la méthode est évidemment beaucoup plus maîtrisée. Mais la montagne garde toujours sa part d’aventure : certains emplacements sont isolés, sans réseau téléphonique, et il faut savoir composer avec les imprévus. L'apiculture n'est plus celle de ses débuts Lorsque Jean-Pierre parle de l'évolution de son métier, il dit avec humour avoir commencé « à la préhistoire de l'apiculture ». Son père avait commencé en 1946 avec des ruches-troncs. Dans les Cévennes, ces ruches traditionnelles ont pratiquement disparu, car leur rendement était très faible et leur entretien particulièrement exigeant. Depuis, l'apiculture est devenue beaucoup plus technique. Jean-Pierre a lui-même pratiqué l'élevage des reines pendant plus de vingt ans. Aujourd'hui à la retraite, il a arrêté cette partie de l'activité et achète des cellules royales auprès d'un collègue avant de poursuivre lui-même la seconde partie de l'élevage. Mais le changement majeur reste, pour lui, l'arrivée du varroa. Ce parasite a profondément transformé l'apiculture. Une colonie ne peut plus être laissée sans surveillance : elle doit être suivie, traitée et accompagnée. Pour Jean-Pierre, l'époque où l'on pouvait avoir une ruche au fond du jardin et récolter simplement son miel une fois par an est révolue. Aujourd'hui, même l'apiculteur amateur doit se former. Des floraisons qui changent À travers ses ruches, Jean-Pierre observe aussi l'évolution du climat et de la végétation. Les floraisons arrivent plus tôt. Dans certains secteurs qu'il connaît depuis longtemps, il estime observer aujourd'hui jusqu'à trois semaines ou un mois d'avance par rapport à ce qu'il connaissait autrefois. Cette évolution modifie les calendriers de transhumance et oblige l'apiculteur à s'adapter en permanence. Il évoque aussi un autre constat : certaines ressources mellifères qui étaient autrefois importantes ont diminué ou changé. Pour lui, l'apiculture est donc un métier d'observation permanente. Il faut regarder les plantes, les abeilles, la météo, l'état des colonies et les ressources disponibles. Peut-on parler d'un véritable « miel du 34160 » ? Jean-Pierre reste prudent. Chaque année est différente. Le miel local peut être composé de nombreuses floraisons successives : romarin au printemps, différentes petites fleurs, cistes qui apportent notamment du pollen, puis plus tard les ronces et d'autres végétaux de garrigue. Il n'y a donc pas nécessairement une seule signature florale suffisamment dominante pour définir chaque année un miel identique. Mais cela ne signifie pas qu'un miel du 34160 n'existe pas. Au contraire. Jean-Pierre envisage justement de recentrer progressivement une partie de son activité sur le territoire à mesure qu'il avance en âge. Les longues transhumances deviennent plus contraignantes et il sait qu'il ne rachètera pas forcément un camion si celui qu'il utilise aujourd'hui arrive en fin de course. « Je ferai plutôt du miel d'ici. » Une évolution qui pourrait donner davantage de place demain aux miels produits autour de Saint-Drézéry et dans les communes voisines. Ce que les abeilles lui ont appris Après plus de quarante ans auprès des ruches, Jean-Pierre ne parle pas seulement de technique. Les abeilles lui ont aussi appris quelque chose sur le vivant. Il observe leur manière de fonctionner en colonie, leur capacité à faire des réserves, à exploiter rapidement une ressource lorsqu'elle apparaît et à s'adapter aux conditions qui les entourent. Il en tire une réflexion plus large sur l'évolution des espèces. « L'évolution, ce n'est pas que des bisounours. » Dans une colonie, l'individu est au service de la survie du groupe. Une abeille affaiblie peut être expulsée. Lorsque les ressources deviennent insuffisantes, les mâles peuvent être chassés de la colonie. Jean-Pierre le raconte sans chercher à en faire un modèle pour l'être humain. Au contraire, il en tire une autre conclusion : « Nous, on est humains et ça serait mieux qu'on vive différemment. » Ce qu'il retient surtout est cette capacité extraordinaire des abeilles à constituer des réserves et à savoir les utiliser lorsque les ressources viennent à manquer. Et cette observation rejoint directement son propre savoir-faire d'apiculteur. Il faut laisser suffisamment de miel aux colonies pour passer l'hiver. Comme le dit un vieux dicton apicole qu'il aime citer : « Tout le miel qu'on laisse aux abeilles à l'automne, les abeilles nous le rendent au printemps… avec intérêt. » Jean-Pierre Almes au marché de Saint-Drézéry (printemps 2026). Transmettre, simplement Lorsqu'on lui demande ce qu'il aimerait transmettre aux lecteurs, Jean-Pierre ne commence ni par la technique ni par les performances. Il parle d'abord de l'achat du miel. « Ce n'est pas forcément de m'acheter à moi, mais d'essayer d'acheter à un apiculteur et surtout du miel de la région, un vrai miel. » Pour lui, le lien avec le producteur est essentiel. Savoir qui produit, où, et pouvoir échanger directement permet aussi de mieux comprendre ce que l'on achète. Et pour ceux qui souhaitent se lancer dans l'apiculture, son conseil est finalement très simple : se former, observer et travailler avec les abeilles. Car il n'existe pas de raccourci. « Pour apprendre à s'occuper des abeilles, il faut surtout avoir des abeilles et travailler avec elles. » Après toutes ces années, Jean-Pierre continue donc d'apprendre. Peut-être avec moins de kilomètres à parcourir demain, davantage de ruches autour du 34160 et toujours cette même curiosité pour ce que les abeilles racontent du territoire. Une vie commencée avec deux ruches offertes par un père à son fils de 14 ans. Et une histoire qui, manifestement, n'est pas encore terminée. À CASTRIES, DEUX RUCHERS-ÉCOLES • Syndicat de l’Abeille Héraultaise Rucher-école du Château de Castries - reah-chateaudecastries.org • Centre apicole de l’Hérault Rucher-école de Fondespierre - centre-apicole-delherault.com POUR ALLER PLUS LOIN • ADA Occitanie Association de Développement de l’Apiculture en Occitanie - adaoccitanie.org DES MIELS DU 34160 Saint-Drézéry • Jean-Pierre Almes - 04 67 86 52 60 • Rémi Vilain - 07 63 71 20 00 Saint-Geniès-des-Mourgues • Le Rucher de la Baronnie – Philippe et Benjamin Rouyer - 06 87 84 12 14 Saussines • Les Ruchers des Aires d’Oc – Xavier Valadier - 09 52 84 50 22 Vous êtes producteur sur le territoire 34160 ? Contactez-nous !

  • La Manufacture des Arts

    À Beaulieu, l’art se vit aussi en spectacle Gisèle et Michel Blin-Bellomi ont créé l'association La Manufacture des Arts. Leur particularité ? Ne pas concevoir l’exposition comme un simple accrochage de tableaux, mais comme une expérience où peinture, musique, danse, théâtre, poésie et performance se rencontrent. Après les « Toros Roses », leur nouveau projet, « La Nuit des Créatures fabuleuses », investira la salle du Pic Saint-Loup à Beaulieu les 28 et 29 novembre 2026. Gisèle & Michel, les créateurs de la Manufacture des Arts. Faire venir la culture au village Gisèle et Michel Blin-Bellomi vivent à Beaulieu depuis 35 ans. Pour eux, le choix de vivre dans un village et dans une communauté a toujours compté. C’est justement en regardant leur village qu’est née l’idée de La Manufacture des Arts. « À Beaulieu, il y a des commerces, des médecins, des installations sportives… mais il manquait quelque chose : l’art et la culture. » Pourquoi toujours devoir se déplacer loin pour assister à une exposition, un concert ou un spectacle ? L’idée de l’association, créée le 18 juin 2024, est de faire venir la culture à proximité et de créer des occasions de rencontres entre les habitants. Pour Gisèle et Michel, les pratiques artistiques ont aussi une particularité précieuse : elles peuvent réunir des générations différentes. Là où certaines activités séparent davantage les participants selon leur âge ou leur niveau, les projets culturels peuvent faire travailler ensemble enfants, adolescents, adultes et aînés. Derrière cette démarche se trouve également une conviction plus large : l’art fait partie du patrimoine et doit continuer à vivre. Peinture, sculpture, musique, théâtre, danse, photographie, bande dessinée… La Manufacture des Arts souhaite contribuer, à son échelle, à cette transmission. Quand un vernissage devient un spectacle La première grande expérience de l’association va rapidement confirmer cette envie de décloisonner les disciplines. En novembre 2024, à l’occasion de l’exposition de l'artiste peintre Mika von Schönplatz, Gisèle et Michel imaginent les « Toros Roses », un vernissage-spectacle autour d’œuvres peintes sur des vêtements. Vernissage spectacle en vernissage de l'exposition « Toros Roses » en novembre 2024. L’idée d’un défilé s’impose. Et le mot « défilé de mode » semble avoir un effet immédiat : les volontaires affluent. Les vingt blousons initialement prévus deviennent rapidement quarante, et des familles entières participent au défilé. Qui dit défilé dit musique. Un groupe de rock de Beaulieu accepte de jouer. Un jeune guitariste compose même un morceau spécialement pour l’occasion. Puis le projet s’enrichit encore : leur fils Félix, comédien, marionnettiste et performeur, propose une performance, tandis qu’une danseuse vient compléter le spectacle. Le thème des œuvres entraîne naturellement les participants vers l’univers des taureaux, du Minotaure et d’Ariane. Au final, plus de 400 personnes assistent à la soirée. « Nous avons été surpris, ravis évidemment. » Gisèle et Michel retiennent surtout les retours du public et l’ambiance familiale qui s’est dégagée de cette soirée, avec ce mélange des genres et des générations. L’expérience leur donne surtout envie de poursuivre. Décloisonner les arts pour éveiller la curiosité Pour Gisèle et Michel, une exposition traditionnelle peut parfois rester distante. « Un tableau parle, mais il faut pouvoir comprendre son vocabulaire. » La rencontre avec une œuvre dépend à la fois de la culture et de la sensibilité de chacun. Alors pourquoi ne pas multiplier les portes d’entrée ? Un enfant peut être davantage touché par un tableau s’il est accompagné d’une musique, d’une danse ou d’une histoire. Un spectateur venu pour une exposition peut découvrir au passage la musique classique. Un amateur de musique peut, lui, porter un regard différent sur une œuvre picturale. C’est cette curiosité qu’ils cherchent à provoquer : découvrir un morceau de musique contemporaine en allant voir de la danse, entendre du classique lors d’un vernissage, ou encore regarder autrement un tableau en écoutant du rock. Bienvenue dans la forêt des « Créatures fabuleuses » Après les « Toros Roses », Mika von Schönplatz commence à peindre des faunes, puis d’autres créatures fantastiques. Cette inspiration fait notamment écho à un univers que Gisèle connaît bien : celui de la Camargue et de La Bête du Vaccarès, le roman de Joseph d’Arbaud dans lequel un gardian rencontre un faune, figure de la nature sauvage. Le rapport entre l’être humain et cette nature sauvage est une réflexion qui l’intéresse depuis longtemps. Lorsque l’idée d’une deuxième exposition germe, le choix du thème s’impose presque naturellement : les Créatures fabuleuses. Cette fois, quatre autres peintres sont invités à participer au projet : Ana Lys, Lydie Moroy, Véro Nout et Éric Levrez, aux côtés de Mika von Schönplatz. Les artistes ont reçu une liste de mots et de créatures pour nourrir leur imagination. Depuis, chacun a travaillé de son côté. Et même Gisèle et Michel ne savent pas encore exactement ce que le public découvrira le 28 novembre. La salle du Pic Saint-Loup sera transformée en forêt mystérieuse, peuplée de créatures venues de l’imaginaire. Du rock à la musique classique Le changement d’univers s’accompagne d’un changement radical de bande-son. Après le rock des « Toros Roses », place cette fois à la musique classique. « Beaucoup de créatures fabuleuses vivent dans la forêt, dans une nature inquiétante. L’idée est de retranscrire cette ambiance de sous-bois. Quoi de mieux que la musique classique ? » Depuis octobre 2025, Gisèle et Michel sont partis à la recherche de musiciens. Ils ont assisté à de nombreux concerts, rencontré des artistes et fait de nouvelles découvertes. Peu à peu, le projet musical s’est constitué : trois pianistes, un violoncelliste, deux violonistes et une joueuse de handpan participeront au spectacle. Des textes de grands auteurs, parmi lesquels Victor Hugo et Arthur Rimbaud, ont également été sélectionnés. À partir de ces textes, une histoire a été construite : celle d’une nuit dans une forêt mystérieuse, ponctuée de saynètes et de surprises. Une aventure collective Mais « La Nuit des Créatures fabuleuses » ne se limite pas aux cinq peintres et aux musiciens. Le projet rassemble également quatre danseuses, deux acrobates, dix-sept acteurs et un performeur. Félix, le fils de Gisèle et Michel, préparera une nouvelle performance après celle, très remarquée, du Minotaure lors des « Toros Roses ». L’AGASSOU, l’atelier tricot-couture du club des aînés de Beaulieu, participera aux décors. Et le projet débordera même de la salle du Pic Saint-Loup : Félix interviendra auprès des élèves de l’école de Beaulieu autour du thème des Créatures fabuleuses et organisera une grande parade, notamment sur le marché du village le samedi 28 novembre en fin de matinée, en musique. Pour Gisèle et Michel, cette dimension participative n’est pas un supplément au projet. Elle constitue l’une des raisons d’être de l’association. « Chacun d’entre nous a un talent. » L’objectif est de réunir ces talents autour d’une histoire, de faire vivre une émotion et de créer quelque chose d’unique. Ils espèrent également donner aux plus jeunes l’occasion de découvrir des formes artistiques moins présentes dans leur quotidien et surtout de rencontrer le spectacle vivant : la vibration d’un violon, la voix de quelqu’un qui raconte une histoire, l’émotion d’un mouvement de danse inattendu… Des soirées pour soutenir les projets La Manufacture des Arts organise également des soirées festives. Ces rendez-vous répondent à un double objectif : créer des moments de convivialité et permettre à l’association de financer ses projets en faveur des arts et des créateurs. Après une première soirée dansante organisée en mars, une soirée disco aura lieu vendredi 23 octobre au foyer de Beaulieu. Une façon joyeuse de participer, elle aussi, à l’aventure. L’association recherche par ailleurs des sponsors et mécènes pour accompagner ses projets. Et après ? Depuis plus d’un an, Gisèle et Michel sont concentrés sur cette deuxième édition. Mais lorsqu’on leur demande ce qui viendra après, la réponse est claire : des idées, ils en ont encore. « Un projet est toujours le fruit de rencontres, parfois prévues, souvent inattendues. » Et c’est peut-être finalement ce qui définit le mieux La Manufacture des Arts : provoquer ces rencontres entre les artistes, les habitants, les générations et les différentes formes d’expression artistique. Avec, déjà, cette question qui revient régulièrement : « La prochaine fois, vous allez faire quoi ? » Pour Gisèle et Michel, la réponse reste encore à écrire. À VOS AGENDAS SOIRÉE DISCO Vendredi 23 octobre 2026 19h Foyer municipal, Beaulieu Une soirée festive organisée par La Manufacture des Arts pour soutenir ses projets artistiques (infos pratiques sur l'affiche). LA NUIT DES CRÉATURES FABULEUSES Samedi 28 et dimanche 29 novembre 2026 Salle du Pic Saint-Loup, Beaulieu Exposition des œuvres des cinq peintres à partir du samedi à 17 h. Vernissage-spectacle le samedi à 19 h. Exposition ouverte le dimanche 29 novembre jusqu’à 18 h. Facebook ⎯ Instagram

  • Restaurant âme : prendre racine à Beaulieu

    Au cœur de Beaulieu, derrière la façade de l'ancienne Forge Gourmande, une nouvelle histoire s'écrit. Avec âme, la cheffe étoilée Amélie Darvas et la sommelière Bérangère Bouton ont imaginé bien plus qu'un restaurant : un lieu où la gastronomie s'harmonise avec le végétal, et les producteurs locaux. Amélie Darvas et Bérangère Bouton vous accueillent au restaurant âme. Difficile de reconnaître l'ancienne Forge Gourmande En franchissant la porte d'Âme, le regard est immédiatement attiré par les volumes. La salle, baignée de lumière feutrée, offre une impression d'espace grâce à une remarquable hauteur sous plafond. Les murs habillés de bois teinté de vert répondent aux pierres blondes de Beaulieu qui encadrent la grande baie vitrée végétalisée qui ouvre le regard vers l'extérieur. Quelques lustres aux lignes originales animent un plafond mauve, tandis que le bois, le verre, la pierre et le velours composent une atmosphère à la fois élégante et chaleureuse. Les tables rondes ou ovales invitent à la convivialité. La double cave à vins, les étagères consacrées aux spiritueux et la cuisine entièrement ouverte annoncent d'emblée la philosophie de la maison : ici, rien ne se cache. Amélie Darvas et Bérangère Bouton à l'îlot central de la cuisine ouverte sur la salle de restaurant. Dans cette cuisine ouverte, Amélie Darvas travaille avec une concentration tranquille. Les gestes sont précis mais jamais démonstratifs. Une passion exigeante, portée avec une étonnante simplicité. Quelques semaines seulement après l'ouverture, la cheffe et son associée, la sommelière Bérangère Bouton, prennent le temps de revenir sur cette aventure qui les a conduites jusqu'à Beaulieu. Un village choisi avec le cœur Après plus de six années passées à Äponem, à Vailhan, Amélie Darvas ne souhaitait pas se précipiter. « Nous avons beaucoup sillonné les routes. Nous avons pris le temps de réfléchir à ce que nous voulions vraiment. » Puis vient la découverte de cette ancienne forge. « On a eu un espèce de truc qui nous a appelées. Un feeling que l'on ne peut pas vraiment expliquer. On s'est tout de suite projetées. » Le choix de Beaulieu répond à une évidence : retrouver un village vivant, proche de Montpellier mais suffisamment rural pour permettre au projet de s'épanouir autour d'un jardin : « C'est exactement ce que nous recherchions. » Pour Amélie Darvas et Bérangère Bouton, ouvrir un restaurant à Beaulieu ne se résume pas à une adresse professionnelle. Elles ont fait le choix de s'y installer également. Une décision cohérente avec leur volonté de construire un projet durable au cœur du village. Pour l'instant, la vie quotidienne laisse peu de place à autre chose. Les journées commencent dès cinq heures du matin et se prolongent souvent jusqu'à une heure avancée de la nuit. « On espère créer du lien avec les habitants. Pour le moment, on passe surtout notre vie au restaurant », sourit Amélie. Entre le jardin, les préparations, les services et les ajustements quotidiens qu'impose une ouverture récente, chaque journée est entièrement consacrée à âme. Un jardin avant même le restaurant Bien avant le premier service, une rencontre va donner le ton. Des habitants de Beaulieu leur proposent spontanément un terrain situé à moins d'un kilomètre du restaurant. « On cherchait justement un endroit pour cultiver. Tout s'est fait très naturellement. » Pendant que le chantier avance, les deux associées préparent déjà la terre. Une terre argileuse qu'elles apprennent à connaître, où prennent place herbes aromatiques, fleurs, légumes... et les premières racines d'Âme. Le jardin est cultivé sans traitement. Les mauvaises herbes y trouvent naturellement leur place : « Nous avons envie de laisser la nature vivre. » Une cuisine guidée par le vivant À âme, la cuisine évolue au rythme du jardin, des saisons et des producteurs : « J'ouvre le frigo comme à la maison : qu'est-ce qu'on a aujourd'hui ? » L'inspiration naît des récoltes du jour, des herbes fraîchement cueillies ou des légumes apportés par les maraîchers voisins. À cette liberté répond celle de Bérangère Bouton, qui construit des accords mets-vins en perpétuelle évolution. « Les plats changent souvent. Les vins aussi peuvent évoluer jusqu'au dernier moment. On garde notre exigence, mais on laisse une vraie place à l'instant. » Une expérience avant tout humaine Douze couverts seulement. Un choix assumé : « Nous voulons que les gens repartent avec une émotion, qu'ils aient vécu quelque chose au-delà de l'assiette. » Dans leurs mots, un terme revient sans cesse : la sincérité. « On peut parfois rater un plat. Mais si tout est fait avec sincérité, les gens le ressentent. » Cette philosophie dépasse largement la cuisine. Elle guide leur manière d'accueillir, de travailler avec les producteurs, de faire découvrir les vins et de recevoir chaque convive comme un invité. Prendre racine À peine ouvert, le restaurant Âme attire déjà des gourmets venus de toute la région et même au-delà. Pourtant, Amélie Darvas et Bérangère Bouton regardent d'abord vers leur environnement immédiat : le marché installé à quelques pas, les producteurs, les artisans, les habitants et cette vie de village qu'elles souhaitaient retrouver. « Nous voulons que le projet s'intègre naturellement, créer du lien à travers notre travail. » Leur ambition n'est pas de multiplier les établissements : « Nous avons envie de rester petites. Bien sûr, il y a toujours le rêve de retrouver une étoile. Mais ce n'est pas une question d'ego. C'est celui de la jeune fille qui rêvait déjà de cuisine. » À Beaulieu, le restaurant âme semble avoir trouvé un nouveau souffle. Une table où la gastronomie s'enracine dans un jardin, s'inspire d'un territoire et se partage avec sincérité. Réservation en ligne sur restaurant-ame.fr ou par sms au 06 88 25 42 16.

  • Joëlle Ranchon : du yoga à l’écriture, un chemin vers soi

    Saussines – Joëlle Ranchon Après plus de vingt ans dans le management commercial en B to B, Joëlle Ranchon profite d’un licenciement économique pour réorienter sa carrière. En quête de sérénité, elle opère un véritable virage à 180° qui la conduit vers le yoga, l’Inde et, progressivement, vers l’écriture. « En quête de sérénité, je fais un virage à 180° et je deviens professeure de yoga. » Joëlle Ranchon explore aujourd’hui plusieurs facettes de l’écriture. De l’Inde à son premier livre En 2020, Joëlle Ranchon s’envole pour l’Inde afin d’y suivre sa première formation diplômante de yoga. Elle séjourne dans un ashram et commence à prendre des notes, d’abord simplement dans l’idée de conserver des souvenirs et de partager cette expérience avec ses proches. De retour en France, elle se prend au jeu de l’écriture. Sans connaître véritablement le monde de l’édition, elle envoie son manuscrit à plusieurs maisons d’édition, en pleine période de Covid. Une démarche qui porte ses fruits : Un mois en ashram, Journal d’une yogi est publié à compte d’éditeur par les Éditions Fernand Lanore en février 2022. Durant l’année du confinement, Joëlle partage également sa pratique du yoga sur YouTube et Facebook. L’écriture devient alors une nouvelle manière de transmettre ce qu’elle a elle-même expérimenté. Écrire pour transmettre Cette première expérience éditoriale lui donne le goût de l’écriture. Elle se lance ensuite dans un ouvrage consacré au bonheur, malgré la multitude de livres déjà consacrés à ce sujet. Elle va jusqu’au bout de son projet, d’abord pour ses proches et ses élèves. En juillet 2024, elle autoédite Le bonheur est une habitude : comment embellir sa vie jour après jour ? Un ouvrage de développement personnel consacré aux habitudes et aux petits changements qui peuvent contribuer à améliorer le quotidien. Pour Joëlle Ranchon, écrire permet de transmettre autrement : aller plus loin, faire voyager le lecteur, mais aussi faire passer des messages à travers des personnages et des situations. Quand l'expérience devient fiction Passionnée par les romans d’aventure et les récits à suspense, Joëlle Ranchon rêvait depuis longtemps de créer à son tour ses propres personnages et de les faire vivre. En 2023, elle imagine une intrigue originale : du suspense, une enquête et une exploration intérieure, mais sans meurtre ni effusion de sang. Avec Les Adorateurs de Shiva, paru en 2025, elle transporte ses lecteurs dans un ashram installé au cœur d’un paisible village hindouiste du Ladakh, dans l’Himalaya, où plusieurs disparitions viennent troubler la tranquillité des lieux. « Je voulais créer mes personnages et leur donner vie, inventer une histoire et emporter mes lecteurs dans l’aventure. J’ai adoré vivre avec mes personnages pendant la durée de la rédaction. » L’Inde et le yoga ne sont évidemment pas de simples décors. Joëlle y puise largement dans sa propre expérience et développe également des thèmes liés à la culture hindoue et à son parcours yogique. Si le village du roman est fictif, la région du Ladakh est, elle, abondamment documentée. Du voyage à l'écriture Le voyage occupe une place essentielle dans l’univers de Joëlle Ranchon. Sortir de son cadre, découvrir d’autres peuples et d’autres cultures, s’ouvrir à de nouveaux imaginaires : autant de sources d’inspiration qui nourrissent son écriture. Elle aime aussi y glisser une part de rêve, comme dans Les Adorateurs de Shiva, avec le palais et la famille Sinha. Ses personnages sont parfois inspirés de personnes qu’elle connaît, tandis que certaines anecdotes sont bien réelles, mais déplacées de leur contexte d’origine. La fiction lui permet ainsi de transmettre des émotions, des ressentis et des expériences tout en laissant libre cours à l’imagination. Une nouvelle aventure en préparation Aujourd’hui, Joëlle Ranchon définit son univers littéraire autour du mieux-être et du « feel good », tout en s’orientant désormais davantage vers le roman d’aventure et le suspense. Un point commun demeure toutefois : la bienveillance et l’introspection, loin des codes du polar traditionnel. Et l’aventure continue. Un nouveau roman est actuellement en cours de relecture et de réécriture. Sa publication est prévue dans les prochains mois. Une nouvelle histoire, donc, pour prolonger ce chemin d’écriture commencé presque par hasard dans un ashram indien. BIBLIOGRAPHIE 2025 - Les Adorateurs de Shiva Roman d’aventure et de suspense situé dans un ashram du Ladakh, mêlant voyage, yoga, culture hindoue, mysticisme et enquête. Mvo Éditions. 2024 - Le bonheur est une habitude : comment embellir sa vie jour après jour ? Livre de développement personnel - Autoédition. 2022 - Un mois en ashram, Journal d’une yogi Récit de son expérience en ashram en Inde -Éditions Fernand Lanore. RETROUVER JOËLLE RANCHON Pour découvrir ses ouvrages et suivre son actualité d’autrice, retrouvez Joëlle Ranchon sur son site et ses ses réseaux sociaux. Site Internet : yogattitude.org YouTube : Joëlle Ranchon - Autrice / Yogattitude Occitanie Instagram : Joëlle_ranchon_autrice Facebook : YogAttitude Occitanie Retrouvez également Joëlle Ranchon dans le n°3 de 34160 villes & villages.

  • Roland Reyne, un auteur entre mémoire, territoire et valeurs humaines

    Beaulieu – Roland Reyne Installé à Beaulieu avec son épouse Marie-Laure depuis plus de cinquante ans, Roland Reyne participe activement à la vie du village. Né à Arles en 1950, il a consacré sa carrière professionnelle au travail social et plus particulièrement à la protection de l'enfance. Depuis plusieurs années, il écrit et développe à travers ses ouvrages une œuvre profondément attachée aux parcours humains, aux liens entre les personnes et à la mémoire collective. Publié sous son propre label SESAM, son univers littéraire met régulièrement en lumière des personnages confrontés aux choix de vie, aux épreuves et aux valeurs qui les accompagnent. Une écriture profondément humaniste À travers ses romans et récits, Roland Reyne accorde une place essentielle aux hommes et aux femmes ordinaires, à leurs histoires personnelles et aux chemins qu'ils empruntent. Ses ouvrages abordent des thèmes universels : la famille, la transmission, la mémoire, les engagements humains, les territoires et les bouleversements sociaux qui traversent les générations. Ses récits cherchent moins les effets spectaculaires que l'authenticité des émotions et la richesse des parcours de vie. Bibliographie 2015 – Le retour d'Étienne Roman – SESAM À l'été 1945, Étienne retrouve son foyer après six années de guerre et de captivité. Mais le retour tant attendu se heurte aux blessures invisibles laissées par le conflit. À travers cette chronique familiale à mi-chemin entre récit intime et roman, Roland Reyne évoque les difficultés du retour, les souffrances silencieuses et la reconstruction après les drames de l'Histoire. 2016 – Le roi n'était pas leur cousin Recueil de nouvelles – SESAM Dans ce recueil, Roland Reyne invite le lecteur à découvrir des histoires de vie où les petits moments du quotidien prennent une dimension essentielle. Rencontres, souvenirs, chemins inattendus ou questionnements personnels composent ces récits empreints d'humanité. 2019 – Le Passager de la Cité Jardin Roman – SESAM À travers le parcours d'un journaliste passionné d'art contemporain, ce roman interroge les notions d'identité, de culture et d'authenticité. L'ouvrage offre également un témoignage sur la vie ouvrière arlésienne et sur l'univers des familles cheminotes de la Cité Jardins. 2022 – Confidence d'une armoire Roman – SESAM L'histoire débute avec la restauration d'un ancien meuble et devient progressivement une réflexion sur la mémoire, la transmission et les destins humains. Le récit conduit également le lecteur vers les Hautes-Alpes et l'évocation du quotidien des paysans montagnards. 2025 – Gens de Beaulieu, cent ans de vie de village en Languedoc Récit – Écrit par Roland Reyne et édité par l'association Aïssadanègues Cet ouvrage retrace, entre 1870 et 1975, l'évolution d'une famille au sein de la communauté villageoise de Beaulieu. Génération après génération, le récit accompagne les habitants dans leur quotidien familial et social, entre travail de la vigne, pierre, garrigue et transformations profondes du monde rural. Suggéré par l'association Aissadanègues, ce projet marque l'aboutissement de l'attachement de Roland Reyne à son village d'adoption. Roland Reyne, auteur de Gens de Beaulieu (Photo été 2025 à Beaulieu). Un auteur attaché à son territoire À travers son dernier ouvrage consacré à Beaulieu, Roland Reyne prolonge son intérêt pour les parcours humains en y associant cette fois la mémoire locale et l'histoire d'un territoire. Une manière de transmettre, à travers la littérature, les histoires ordinaires qui constituent aussi le patrimoine vivant d'un village. Contacter l'auteur Roland Reyne 📩 roland.reyne2@gmail.com 🌐 https://rolandreyne-sesam.com Retrouvez également l'auteur dans le n°0 de 34160 villes & villages. ______________________________ 1 Du nom de l’ancien village qui signifierait « là où habite Aïssa »

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