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Le Verger Partagé à Castries

  • 31 janv.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 4 jours

Une aventure collective au service de l’eau et du vivant

Derrière le verger communal que de nombreux habitants connaissent déjà, se déploie depuis 2016 une expérience écologique singulière. Portée par l’association Le Verger Partagé de Castries, cette initiative démontre qu’une autre manière de cultiver, de gérer l’eau et de régénérer les sols est possible ici, à l’échelle locale.

Sur une parcelle communale de 8.000 m², plus de 1.000 arbres et arbustes poussent aujourd’hui… sans irrigation, sans engrais, sans produits chimiques.


L'équipe du Verger partagé s'est réunie au Bar de la promenade à Castries samedi 7 mars (jour de pluie).
L'équipe du Verger partagé s'est réunie au Bar de la promenade à Castries samedi 7 mars (jour de pluie).

Laisser la nature travailler

« Notre idée est simple, explique Sylvain Brunel, membre actif de l’association. Nous avons choisi de ne pas lutter contre la nature, mais de coopérer avec elle. Ici, l’eau vient uniquement des pluies. C’est le sol qui fait le travail. »

Le principe du verger pluvial repose sur une conviction forte : un sol vivant devient une éponge. En favorisant la vie biologique et la couverture végétale, il retient l’eau de pluie, l’infiltre en profondeur et la restitue progressivement aux arbres.

Les fruitiers ne sont pas plantés en rangs bien alignés, mais semés directement dans la végétation spontanée. Il n’y a pas de désherbage systématique. Les herbes sont fauchées avec parcimonie : « Elles protègent les jeunes arbres du gel au printemps et maintiennent l’humidité du sol en été. »

Les arbres sont très peu taillés. Ils développent leur port naturel, s’enracinent profondément et deviennent plus résistants aux stress climatiques.


Une forêt nourricière en pleine expansion


La diversité est au cœur du projet :

  • 32 espèces d’arbres fruitiers

  • 13 espèces d’arbres pionniers non fruitiers

Fin 2024, le comptage révélait :

  • 620 fruitiers

  • 443 arbres pionniers

Soit plus de 1.000 arbres sur 8.000 m².

« Les arbres pionniers sont essentiels, précise Sylvain. Certains sont arrivés seuls, portés par les oiseaux ou le vent. D’autres ont été semés. Ils préparent le terrain, enrichissent le sol, créent de l’ombre, abritent la biodiversité. »


Les résultats sont déjà tangibles :

  • des sols plus souples et riches en micro-organismes,

  • une meilleure rétention de l’eau,

  • une biodiversité en forte augmentation,

  • des arbres vigoureux malgré l’absence d’arrosage.

Mais au-delà des chiffres, c’est aussi une dynamique humaine qui s’est installée.


Un lieu d’apprentissage et de transmission

Le verger est devenu un espace pédagogique vivant. Les classes de l’école primaire viennent à chaque saison observer les évolutions du site.

« Chaque enfant choisit un arbre “ami”. Il le suit au fil des années. Cela crée un lien très fort avec le vivant. »

Des formations au greffage, des visites et des temps de partage y sont régulièrement organisés. Le projet dépasse largement la simple production fruitière : il diffuse une culture écologique et scientifique accessible à tous.


Du verger à la régénération du bassin versant

Depuis deux ans, l’association étend son action en semant des vergers-forêts et des haies nourricières sur des friches agricoles, en partenariat avec des agriculteurs volontaires. L’objectif : expérimenter une agriculture plus résiliente face au changement climatique.


Aujourd’hui, une nouvelle étape s’ouvre : agir à l’échelle du bassin versant de la Cadoule.

« Notre petit fleuve est souvent à sec, puis déborde violemment lors des pluies. Cela montre que l’eau ne s’infiltre plus correctement. Nous pensons qu’il est possible de réparer cela par des actions simples, locales et peu coûteuses. »


Ce projet porte un nom : CASCADE (CAstries – CADoulE).

CASCADE : ralentir, infiltrer, régénérer

La démarche prévoit plusieurs étapes :


1. Une étude préalable

Identifier un sous-bassin pilote et définir les aménagements nécessaires :

  • ralentissement des écoulements,

  • baissières et mares d’infiltration,

  • haies, bosquets, vergers-forêts,

  • développement de l’agroforesterie et de la biodiversité.


2. Des travaux citoyens

Les aménagements seront réalisés avec des habitants volontaires, en lien avec les agriculteurs.


3. Un suivi scientifique

Des chercheurs membres de l’association mesureront dans le temps l’évolution de l’eau, des sols, de la biodiversité, du microclimat et des impacts agricoles sur la santé.« Nous voulons que ce projet soit aussi un outil de diffusion de la culture scientifique. Comprendre les mécanismes, c’est mieux agir. »


Un projet écologique… et profondément citoyen

Réparer un bassin versant, améliorer la disponibilité en eau, limiter les inondations, réduire les risques d’incendie, restaurer la fertilité des sols : l’ambition est large. Mais elle repose sur des gestes concrets, accessibles et reproductibles.


Comment participer ?

Pour lancer cette nouvelle phase, une étude d’un coût de 6.000 € est indispensable. L’association doit réunir 3.000 €, en complément du financement communal.

Une cagnotte citoyenne a été ouverte : https://www.onparticipe.fr/c/2LlO5XEo

« Chaque contribution, même modeste, est un acte pour l’eau et pour notre territoire. Nous semons des arbres, mais aussi une autre manière d’habiter le paysage. » termine Sylvain Brunel.




 

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